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danse

  • Traces de rêves

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    Qu'est-ce qu'un rêve ? Serait-ce un insaisissable ? Une brume légère qui descend sur notre cerveau, qui l'assouplit, l'enveloppe, le réchauffe, l'étire, l'étend ?

    Nous allons, nous venons dans un monde qui va l'envers du temps. Nous allons et venons dans l'urgence de nos gestes quotidiens. Mais alors où sont logés nos rêves ? Existe-t-il une trace de ceux-ci ? Où est-elle ? 

    Le spectacle Traces de Rêves c'est un peu tout cela à la fois : un rêve, une proposition, un lieu, une respiration, un engagement.

    La Possible Échappée  est une association qui a mis en place une pédagogie artistique à destination des artistes en situation de handicap. Pour ce spectacle ce sont les participants de l’atelier de danse du foyer de Fleury à Meudon qui ont travaillé sans relâche pour réussir à nous transmettre leur part de rêves. 

     

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    Traces de rêves est autant un voyage initiatique que poétique. Au départ de ce rêve, le somptueux texte de Henri Michaux « La paresse », Mes propriétés (1930), dans La Nuit remue (Poésie Gallimard, p. 110-111). 

    Fermer les yeux, laissez-vous emporter par la voix... 

    "L'âme adore nager.
    Pour nager on s'étend sur le ventre. L'âme se déboîte et s'en va. Elle s'en va en nageant. (Si votre âme s'en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l'âme partira avec une démarche et une forme différentes c'est ce que j'établirai plus tard.)
    On parle souvent de voler. Ce n'est pas ça. C'est nager qu'elle fait. Et elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement.
    Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l'âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c'est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime".

    Entrez, la brume descend légère, elle laisse entrevoir un premier tableau chorégraphique. Un balancier léger des corps. Un regard. Une entrée. Chut. L'âme s'étire, s'étend, s'enveloppe... Elle s'entoure légère des parures de l'imaginaire.

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    Neuf danseurs nous font voir, entrevoir la lumière de nos rêves. L'âme adore nager, elle vagabonde d'images en tableaux, de couleurs en joies. Ici les mots font que l'on plie et déplie l'espace à volonté. 

    La scène, sous leurs, pas se dévoile. Regardez d'un peu plus près. Il y a mille détails à voir. Chaque geste est une euphorie, un défi, une mise en abîme. Sous nos yeux, se révèlent les joies intactes des premiers jours. Les rêves se dessinent à tour de rôle. Il y a de la magie au coeur de ce groupe. Naît ainsi l'envoutement. 

    Saviez-vous que l'écriture de ce spectacle est un jeu entre eux et nous. Une envie, un saisissement ? Un jour vous viendrez voir ce spectacle et votre âme va se mettre à nager, entraînée par les tableaux créatifs choisis par les artistes. Une autre fois, vous reviendrez et il y aura une autre écriture, en fonction des joies solaires qui auront traversé leurs vies. Ainsi les âmes se mettent à nager. 

    Un corps se meut, nos âmes s'émeuvent dans l'espace commun du quotidien. La scène n'est qu'un prétexte à la rencontre, à la découverte d'artistes bouleversants, saisissants de générosité. 

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    Plus d'informations : 

    Danseurs : Lila Aldelmoumène, Alexis Bilanga, Marion Boudaud, Stéphane Bovery, Mehdi Cochener, Anne Guillemot, Nadia Jeremie, Karim Lachal, Christophe Larchet, Christine Leroy, Christian Nguyen, Sébastien Schmidt

    Éducatrice au foyer de Fleury : Mélanie Chavy

    Direction artistique : Kathy Mépuis

    Dramaturgie et création lumières : Marylin Alasset

    La Possible Échappée

     

  • Times are changing

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    "Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s’évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu’on l’a à ses pieds. Ou dans son lit"

    Bob Dylan (Chroniques)

     

    Les mots sont les échos fragiles d'un mouvement. Ils circulent d'une âme à une autre. Vagabondent de corps en corps, de joie en joie. C'est un instant. Un bruissement de pas, une sincérité artistique. Une démarche qui oscille entre les lumières. Le silence se fait dans une salle qui vit un automne indien. Les chaleurs parisiennes laissent place à l'intimité de la créativité. 

    Désordre d'une vie en chroniques, en instants brodés au hasard des mélodies de la vie. Harmonie rageuse. Où est l'enfance dans une chronique en désordre ? Sans doute est-elle dans l'adulte qui tente d'équilibrer le monde.

    "Times are changing" c'est une chronique savoureusement orchestrée par Jean-Claude Gallotta et sa compagnie. C'est un cercle ouvert, une piste aux étoiles, aux rêves. Les mots sonnent en écho de rivage. Choisis, millimétrés par Claude-Henri Buffard, ils sont autant de fenêtres ouvertes sur cette vie qui défile.  

    Les gestes en mousson douce. Pluie d'étoiles filantes des instants en balance. Fils de soie tissés sous l'oeil de Mathilde Altaraz. 

     

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    Résonne cette voix, venue des westerns lointains... Des paysages, des couleurs, des rencontres... Moriarty fait vibrer, scander les mots. Le coeur bat. Les pieds filent le tempo. Le corps se réveille, s'éveille, il veut bouger. Les vagues des kilomètres submergent l'horizon. 

    Revenons aux mots de Dylan, dans ses chroniques. 

    "Quatre siècles avant Jesus-Christ, Thucydide vous explique que la nature humaine est constamment l'ennemie de ce qui la dépasse. Que les mots de son temps perdent peu à peu leur sens. Qu'en un clin d'oeil on peut retourner une opinion, dénaturer un fait. Comme si rien n'avait changé entre son époque et la mienne."

    Sommes-nous incapables de changement ? Implacable maîtrise des mots, des désordres de l'humanité. Écrire. C'est écrire sur soi dans le temps de son souffle, de sa vie. 

    Et puis il y a... la dynamique.

    Tout se déploie grâce au corps vibrants des danseurs. Habiles magiciens de l'espace. Ils entraînent. Ils font et défont les paysages de l'intime. Les distances se brisent, elles défilent dans les déchaînements sourds de nos souvenirs. Putain ce que je vous aime... Vous seuls, savez sans pareil rendre à l'espace sa poésie d'origine... Oui finalement je laisse cette didascalie... Putain ce que je vous aime...   

    C'est une chronique de vie. Le souffle suspendu. Le corps. Cet organisme qui nous échappe. Faut-il le perdre pour le retrouver ? 

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    Quelle énergie faut-il pour danser ? Sortir son corps de sa zone de confort, de ses habitudes. Envoyer valser le fauteuil suivre l'élan de la vie. Pour Marylin Alasset "Tout corps peut danser. Le corps empêché n'existe pas". Il faut le guider, lui apporter le tempo de son propre mouvement. Ici l'oeil écoute. Les sens conduisent l'espace de soi dans l'univers. Montrer que le handicap n'est pas une barrière à la création, c'est un travail quotidien pour La Possible Échappée fondée par Kathy Mépuis. 

     

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    "Le monde moderne, avec sa complexité folle, m’intéressait peu. Il manquait de pertinence et de poids" Bob Dylan

    De sa naissance à son prix Nobel, la poésie de Dylan déchire le voile de nos vies, elle nous entraîne dans les fumées du temps. Joyeuse étincelle de l'instant. Pure synchronicité. Le regard suit le mouvement des pas, folle histoire d'équilibre des passions. 

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    À cet instant je n'ai pas envie d'achever cette chronique. 

    À cet instant j'ai encore envie de danser, chanter, chavirer les étoiles...

    À cet instant, encore quelques notes sur le piano dans le coin du bar...

    À cet instant...

    Merci de nous avoir rendu vivants !

     

     

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    Textes et musiques : Bob Dylan

    Conception, chorégraphie et mise en scène : Jean-Claude Gallotta

    Musique : Moriarty

    Avec le Groupe Émile Dubois : Agnès Canova, Paul Gouëllo, Ibrahim Guétissi, Georgia Ives, Fuxi Li, Bernardita Moya Alcalde, Lilou Niang, Jérémy Silvetti, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger, Béatrice Warrand

    Assistanat à la chorégraphie : Mathilde Altaraz

    Dramaturgie : Claude-Henri Buffard

    Assistanat à la mise en scène : Guillaume Alberny

    Et avec : Lila Abdelmoumène, Théophile Alexandre, Sandrine Juglair, Jean-Pierre Kalfon, Céline Kraff, Georges Mac Briar, Abdel-Rahym Madi, Brune Renault, Magali Saby, Guillaume Vincent

    Directrice artistique - Compagnie La Possible Échappée : Kathy Mépuis

    Dramaturgie - Compagnie La Possible Échappée : Marylin Alasset

    Rendez-vous sur le site du Théâtre du Rond-Point

     

  • Retrouver l'émotion : Volver de Jean-Claude Gallotta

     

    Jean-Claude Gallotta - Olivia Ruiz - Volver from Théâtre de Chaillot on Vimeo.

     

    Ne vous fiez pas à cette vidéo. C'est un instant et non un instantané. Mais suivez-là et entrez dans le mouvement. Le mouvement c'est bien cela le plus beau... le mouvement des corps, le mouvement des mondes, les corps comme balanciers des histoires personnelles et de l'Histoire.

    Qu'est-ce qu'une é-motion, si ce n'est un mouvement de soi à soi.

    Un pas dans l'espace intérieur. 

    Je n'aime pas parler après un spectacle ou après la vision d'une oeuvre. Le silence doit se faire pour faire le tri de ce qui doit être ressenti, recentrer, oublier.

    Les mots fracassent trop souvent ce que nous avons vu. Ils enferment. Ils dressent en absolu ce qui est de l'ordre de l'indicible. Il faut les taire, les murmurer, les chuchoter, les choyer, les enfermer et enfin les libérer au bon moment. C'est un toucher fragile, un espace infime un in-dicible. 

    Ici. Volver. 

    Il y a certes Olivia Ruiz et ses chansons. Elle se révèle ici une incroyable performeuse. La danse, les mots, le chant... l'espace lui appartiennent. 

    Volver doit s'entendre comme une comédie musicale... Des musiciens qui emportent, qui soulèvent les corps, font battre les pieds.

    Volver. Finalement c'est bien plus. On ressort avec l'envie de revoir, de retrouver les corps dansants. Car c'est là le miracle. Dans une légèreté apparente, quelque chose d'autre se produit. 

    Miracle de la chorégraphie de Jean-Claude Gallotta (et de Mathilde Altaraz), nous sommes à un fil du chaos social. Le Rock on en redemande pour tout faire péter ! Tout doit reprendre sa place, les engagements, les fleurs jolies, les corps à corps. 

    Les danseurs. Fabuleux. Toujours sur le fil. Dans un suspens. Ils secouent, grondent, enlacent, fracturent l'espace.

    L'apaisement c'est le moment de la mort de l'engagement. 

    La mort de l'engagement c'est le début de la folie. Fermeture du Cabaret. 

    Ils nous soufflent "qu'est-ce qu'une vie sans engagement" ? Un dernier tango ?

    On ne peut être qu'entier quand on danse. Le corps devient l'espace des mots, l'écho entier des sensibles. 

    Le corps qui danse c'est :

    - une paroi d'air

    - une paroi de vent

    - une paroi de remous

    - une paroi d'indiscernables courants d'air

    L'univers  entier se prolonge dans une main qui descend. 

     

    L'ART c'est le CORPS qui DANSE...

     

    SB.

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    Volver

    Conception Jean-Claude Gallotta, Olivia Ruiz

    Chorégraphie Jean-Claude Gallotta assisté de Mathilde Altaraz
    Texte Claude-Henri Buffard et Olivia Ruiz
    Dramaturgie Claude-Henri Buffard

    Lumières Manuel Bernard

    Costumes Stéphanie Vaillant et Aïala, assistées d' Anne Jonathan

    Vidéo Maxime Dos

    Adaptation anglaise et surtitrage en direct Harold Manning

    Avec Olivia Ruiz (chant, danse), Agnès Canova, Paul Gouëllo, Ibrahim Guetissi, Georgia Ives, Fuxi Li, Lilou Niang, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger, Béatrice Warrand (danse), Vincent David, Martin Gamet, David Hadjadj, Frédéric Jean, Frank Marty (musiciens)

    Production Groupe Émile Dubois / Cie Jean-Claude Gallotta
    Coproduction Biennale de la danse de Lyon / Théâtre National de Chaillot / Centre chorégraphique national de Grenoble / MA scène nationale – Pays de Montbéliard
    Avec le soutien d’Asterios Spectacles et de la MC2: Grenoble, du Centre National de la Danse, du MAGASIN Centre National d'Art Contemporain, de Manush et de Bloch

    Plus d'informations sur le site du Théâtre National de Chaillot