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démocratie

  • Et si on changeait notre regard sur la Chine ?

    Vous le savez j'ai écrit, j'écris des articles sur la Chine. Je lis aussi beaucoup sur cet immense pays, son histoire, sa culture, ses traditions, ses perspectives. J'ai même récemment démontré que les médias français orientaient négativement notre vision de cet immense pays (voir ici mon article "le Sens de l'Avenir"). Alors que se passe-t-il quand nous parlons de la Chine ? Est-ce si difficile de considérer que notre système de valeurs est défaillant ? 

    D'où vient le rejet de la pensée chinoise ?

    Il nous faut revenir à l'épistémologie, à un fil historique qui mêle désir de conquête, volonté hégémonique et politique.  N'oublions pas l'importance de la religion en occident. Car comment se véhicule une pensée si ce n'est au travers des personnes ? Il s'agissait de commerçants, d'aventuriers, de mendiants mais aussi et surtout de religieux. C'est ce que je soulignais déjà dans l'article "la culture en avance sur la diplomatie"

    La rencontre de la pensée française avec celle de Confucius n'échappe pas à ce principe. La rencontre fut sans doute violente entre les missionnaires chrétiens (surtout jésuites) et la pensée de Confucius. Une pensée centrée sur la connaissance de l'individu, sur ses liens à son environnement. Une absence de racines, une compréhension de l'univers sans lien avec le sacré ou une force unique. Afin de comprendre la pensée chinoise, il a fallu la traduire. Et cette traduction devait impérativement convenir aux codes religieux en vogue en Europe. Or comment faire entrer ce corpus dans les concepts européens ? Confucius est ainsi devenu rationaliste et même agnostique. Mais une chose demeure inchangée : la quête du perfectionnement de soi.

    Cette quête du perfectionnement ou de la nécessité de comprendre l'individu avant de fonder une société, se retrouve dans la philosophie anglaise chez John Locke ou chez Hume. Tous leurs écrits partent de l’individu pour en revenir à une construction sociale. Sans comprendre l’humain, toute société est impossible. En d’autres termes, ce changement de repère est bien de source chinoise. Un schisme naît entre ceux qui vont résister à cette prise en considération de l’humain en quête de lui-même dans le monde et l’univers et ceux qui vont ouvrir une brèche considérable dans la pensée philosophique. Je pense ici à Hegel qui va faire naître la phénoménologie. L’humain est dans le monde, et il incarne à la fois l’histoire individuelle mais aussi collective. L’univers le traverse, le transperce, il est un tout et en même temps une articulation d’un tout.   

    Quand on plonge dans les relations entre la France et la Chine, il faut donc remonter à cette rencontre primordiale : l’introduction des textes en France par le biais des prêtres Jésuites. Et si nous poursuivons sur ce fil, alors nous devons évoquer Voltaire. Ce dernier remarque le contraste entre l’édit de tolérance promulgué en 1692 par Kang Xi (qui autorise le déploiement du christianisme en Chine) et la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685. En d’autres termes, Voltaire souligne la différence entre la Chine qui semble s’ouvrir, accepter l’autre dans ses différences et la France avec son arbitraire royal. Il dénonce ainsi les guerres civiles et religieuses qui sévissent en Europe. Dans le même temps, il érige en France Confucius comme un idéal. 
    Il faudrait s’attarder des années sur cette jonction philosophico-religieuse et les représentations culturelles qui s’en suivirent. Il me faudrait ici citer Leibniz qui fonde l’espoir d’une unification religieuse de l’humanité toute entière, dont l’Empire sino-mandchou est un élément essentiel. Il pose cela au nom de l’universalité de la raison.

    Mais avançons ici rapidement sur ce fil épistémologique... Vers 1750, les intellectuels français reculent. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils ont déplacé leur champ d’investigation. L’humain n’est plus au centre, non c’est le politique. De là naît le désenchantement français. La Chine apparaît négativement dans les ouvrages de Montesquieu. Il fait apparaître un doute dans L’esprit des lois (chapitre 21 du livre VIII) où il qualifie de « despotique » l’Empire chinois. Puis il finira par écrire qu’il s’agit davantage « d’un despotisme oriental ».

    Emmanuel Kant affirme cette séparation définitive en 1756. Dans le cadre de son cours de Königsberg sur la « géographie physique », il évoque l’Asie. Il décrète que Confucius n’avait aucune notion de philosophie morale : « Leur maître Confucius n’enseigne rien dans ses écrits hors une doctrine morale destinée aux princes ». Il conclut alors : « le concept de vertu et de moralité n’a jamais pénétré dans la tête des Chinois ».  
    Mais c’est Hegel qui reposera la question de la philosophie en Orient et qui même scellera la séparation officielle. Il écrit dans les notes de ses cours, publiées sous le titreLeçons sur l’histoire de la philosophie, une section consacrée à « La philosophie orientale ». Il y écrit « Nous avons deux philosophies : 1° la philosophie grecque ; 2° la philosophie germanique. » Il s’ensuit que « ce qui est oriental doit donc s’exclure de l’histoire de la philosophie. » En d’autres termes, la philosophie ne peut venir de Chine. Le débat est clos.  

    La suite n'est qu'un enfermement doctrinal depuis plus de deux cents ans. Les peurs ont la vie dure !

    Sur ce point, je vous laisse avec la vidéo TED où l'économiste Martin Jacques nous met face à nos systèmes de pensée... 


     

     

    Et si on repensait le libéralisme ?

    Voilà où nous en sommes, une économie fondée sur les guerres, les dominations ne semble pas fonctionner. Elle se fragilise, faisant monter les populismes, appauvrissant les couches sociales... 

    Dambisa Felicia Moyo est une économiste zambienne, spécialiste de la macroéconomie, de l'influence de l'aide étrangère et des relations internationales. Elle est titulaire d'un doctorat (PhD) en économie de St Antony's College, Université d'Oxford. Son mémoire de 2002 est intitulé Essais sur les éléments déterminants de l'épargne dans les pays en développement. 

    En 2009,  lors du sommet sur la coopération sino-africaine en Égypte, le Président chinois Wen Jiabao a déclaré « J'ai lu un livre intitulé Dead Aid écrit par Dambisa Moyo. L'auteure parle de ses expériences personnelles et conclut que l'aide de la Chine à l'Afrique est sincère, crédible, pratique et efficace et qu'elle est également bien accueillie par le peuple africain. Je suis persuadé que l'amitié et la coopération entre le peuple chinois et le peuple africain ont un brillant avenir ». 

    En faisant des recherches, j'ai découvert son exposé TED de novembre 2013. Une recherche éclairante sur les raisons de notre blocage. Dambisa Felicia Moyo éclaire notre vision de la compréhension des systèmes économiques, elle démontre également combien la démarche économique chinoise devrait être suivie.


     

     

  • Vote blanc

    "Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes"

    Joseph Staline

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    Aujourd'hui retour sur une drôle d'histoire : celle du vote blanc. Ce vote dont personne ne veut tant il remet en question tout le système. A une heure où le vote devient un exercice imposé, où les candidats sont choisis en fonction de leur télé-réalité... Revenons sur un droit qui réclame à nouveau son droit à exister... Juste pour dire "stop", "assez", "MERDE"... ou un simple "Vous nous entendez ?"

     

    Vote blanc & suffrage universel

    Le suffrage universel est entré en application en France le 24 avril 1848, pour l’élection des représentants à l’Assemblée constituante chargée de rédiger la constitution de la IIème République. Rappelons cependant que seuls les hommes peuvent voter (pas les militaires, pas les Français habitant à l'étranger ni le clergé). Pour voter, il faut avoir au moins 21 ans et résider depuis six mois au même endroit.

    Parmi les multiples décisions réglant les questions de détail, aucune n’exclut les bulletins blancs. Pour la première élection d’un président au suffrage universel, ne sont exclus que les bulletins contenant une désignation inconstitutionnelle (décret du 28 octobre 1848).

    Il faudra attendre la réaction bourgeoise menée par le général Cavaignac pour qu’une telle mesure soit prise (art. 57 de la loi électorale du 15 mars 1849). Elle sera confirmée par un décret de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 février 1852, année où le président prend toute une série de mesures pour museler l’opposition lors des élections à venir ; quelques mois plus tard commencera la dictature impériale.

    Le 13 juillet 1880, le député Bardou dépose à l’Assemblée nationale une proposition de loi qui fera autorité (elle est citée plusieurs fois dans diverses thèses de droit ainsi que pendant le débat au sénat sur la reconnaissance du vote blanc le 2 mai 1972).

    Le vote blanc est abordé en ces termes : « (Le gouvernement) sera d’autant plus fort que dans chaque petit village, chaque Français aura sinon réfléchi, du moins été appelé à réfléchir. Peu importe qu’aucun candidat ne convienne, mettre dans l’urne un bulletin blanc c’est voter. » C’est la première fois que ce type de manifestation est reconnu comme ayant à part entière ma qualité d’un vote. Le texte se prolonge : « La conscience de chacun est donc respectée, la liberté ne reçoit pas d’atteinte. »

    Ainsi le vote blanc n'a jamais été évoqué comme l'expression qu'il représente. Il semble incarner le respect fondamental de la liberté du citoyen. L’expression "mettre un bulletin blanc c’est voter" est reprise sans aucune adjonction ni précision dans les propositions de loi du 7 février 1889, du 7 juin 1921 par le député Baréty et du 24 mars 1927. Il faut tout de même noter qu’il n’est jamais explicitement fait référence à la prise en compte dans le calcul de la majorité de ces bulletins.

     

    Et si on comptait quand même les votes blancs ?

    Donc depuis 1852 jusqu'en 2014, le vote blanc n'était pas pris en considération. Il est assimilé au vote nul. En pratique, placer un bulletin blanc dans l'urne revenait donc au même que de voter avec un bulletin raturé ou de couleur, ces derniers étant considérés comme portant atteinte au secret du vote : ils pourraient servir à reconnaître l'auteur d'un vote après le dépouillement.

    En février 2014, le parlement a décidé de reprendre en compte les votes blancs. Attention, cela signifie les comptabiliser, mais ne pas les considérer dans le calcul global. 

    Les votes blancs ne seront pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Les suffrages exprimés représentent l'ensemble des bulletins, moins les votes blancs et nuls. Les votes blancs seront juste une indication, comme peut l'être le chiffre de l'abstention, mais ils n'auront aucune conséquence sur le résultat du cote.

    «Il s'agissait de récompenser une expression positive de la vie politique que représente le vote blanc par rapport au vote nul, plus négatif, explique le rapporteur du texte. Une prise en compte de ce vote dans les suffrages exprimés aurait bouleversé notre vie politique. Il aurait été très difficile d'avoir un vainqueur lors de certaines élections.»

     

    C'est quoi le vote blanc au juste ?

    "Le vote blanc consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum). Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection." Dixit le site "Vie Publique"

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    Donc, lors des élections, quand on veut dire quelque chose, voter blanc... c'est possible. C'est l'ouvrir (sa bouche) sans pression. C'est montrer que les candidats proposés ne font pas l'affaire... Pas besoin d'insulte, pas besoin d'arguments (faibles répétés avec colère). Juste une enveloppe vide, ou un papier blanc. 

     


     

     

     Des liens pour aller plus loin :