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Rebelle - Page 3

  • Times are changing

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    "Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s’évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu’on l’a à ses pieds. Ou dans son lit"

    Bob Dylan (Chroniques)

     

    Les mots sont les échos fragiles d'un mouvement. Ils circulent d'une âme à une autre. Vagabondent de corps en corps, de joie en joie. C'est un instant. Un bruissement de pas, une sincérité artistique. Une démarche qui oscille entre les lumières. Le silence se fait dans une salle qui vit un automne indien. Les chaleurs parisiennes laissent place à l'intimité de la créativité. 

    Désordre d'une vie en chroniques, en instants brodés au hasard des mélodies de la vie. Harmonie rageuse. Où est l'enfance dans une chronique en désordre ? Sans doute est-elle dans l'adulte qui tente d'équilibrer le monde.

    "Times are changing" c'est une chronique savoureusement orchestrée par Jean-Claude Gallotta et sa compagnie. C'est un cercle ouvert, une piste aux étoiles, aux rêves. Les mots sonnent en écho de rivage. Choisis, millimétrés par Claude-Henri Buffard, ils sont autant de fenêtres ouvertes sur cette vie qui défile.  

    Les gestes en mousson douce. Pluie d'étoiles filantes des instants en balance. Fils de soie tissés sous l'oeil de Mathilde Altaraz. 

     

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    Résonne cette voix, venue des westerns lointains... Des paysages, des couleurs, des rencontres... Moriarty fait vibrer, scander les mots. Le coeur bat. Les pieds filent le tempo. Le corps se réveille, s'éveille, il veut bouger. Les vagues des kilomètres submergent l'horizon. 

    Revenons aux mots de Dylan, dans ses chroniques. 

    "Quatre siècles avant Jesus-Christ, Thucydide vous explique que la nature humaine est constamment l'ennemie de ce qui la dépasse. Que les mots de son temps perdent peu à peu leur sens. Qu'en un clin d'oeil on peut retourner une opinion, dénaturer un fait. Comme si rien n'avait changé entre son époque et la mienne."

    Sommes-nous incapables de changement ? Implacable maîtrise des mots, des désordres de l'humanité. Écrire. C'est écrire sur soi dans le temps de son souffle, de sa vie. 

    Et puis il y a... la dynamique.

    Tout se déploie grâce au corps vibrants des danseurs. Habiles magiciens de l'espace. Ils entraînent. Ils font et défont les paysages de l'intime. Les distances se brisent, elles défilent dans les déchaînements sourds de nos souvenirs. Putain ce que je vous aime... Vous seuls, savez sans pareil rendre à l'espace sa poésie d'origine... Oui finalement je laisse cette didascalie... Putain ce que je vous aime...   

    C'est une chronique de vie. Le souffle suspendu. Le corps. Cet organisme qui nous échappe. Faut-il le perdre pour le retrouver ? 

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    Quelle énergie faut-il pour danser ? Sortir son corps de sa zone de confort, de ses habitudes. Envoyer valser le fauteuil suivre l'élan de la vie. Pour Marylin Alasset "Tout corps peut danser. Le corps empêché n'existe pas". Il faut le guider, lui apporter le tempo de son propre mouvement. Ici l'oeil écoute. Les sens conduisent l'espace de soi dans l'univers. Montrer que le handicap n'est pas une barrière à la création, c'est un travail quotidien pour La Possible Échappée fondée par Kathy Mépuis. 

     

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    "Le monde moderne, avec sa complexité folle, m’intéressait peu. Il manquait de pertinence et de poids" Bob Dylan

    De sa naissance à son prix Nobel, la poésie de Dylan déchire le voile de nos vies, elle nous entraîne dans les fumées du temps. Joyeuse étincelle de l'instant. Pure synchronicité. Le regard suit le mouvement des pas, folle histoire d'équilibre des passions. 

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    À cet instant je n'ai pas envie d'achever cette chronique. 

    À cet instant j'ai encore envie de danser, chanter, chavirer les étoiles...

    À cet instant, encore quelques notes sur le piano dans le coin du bar...

    À cet instant...

    Merci de nous avoir rendu vivants !

     

     

    ___________

    Textes et musiques : Bob Dylan

    Conception, chorégraphie et mise en scène : Jean-Claude Gallotta

    Musique : Moriarty

    Avec le Groupe Émile Dubois : Agnès Canova, Paul Gouëllo, Ibrahim Guétissi, Georgia Ives, Fuxi Li, Bernardita Moya Alcalde, Lilou Niang, Jérémy Silvetti, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger, Béatrice Warrand

    Assistanat à la chorégraphie : Mathilde Altaraz

    Dramaturgie : Claude-Henri Buffard

    Assistanat à la mise en scène : Guillaume Alberny

    Et avec : Lila Abdelmoumène, Théophile Alexandre, Sandrine Juglair, Jean-Pierre Kalfon, Céline Kraff, Georges Mac Briar, Abdel-Rahym Madi, Brune Renault, Magali Saby, Guillaume Vincent

    Directrice artistique - Compagnie La Possible Échappée : Kathy Mépuis

    Dramaturgie - Compagnie La Possible Échappée : Marylin Alasset

    Rendez-vous sur le site du Théâtre du Rond-Point

     

  • Et si on pensait éthique ?

    Tout va bien dans le meilleur des mondes, la "confiance" est là. "En France nous sommes protégés par la loi quant à l'usage des données numériques"... Qui veut rire avec moi ? 

    Connaissez-vous Dataklab ? Dixit eux-mêmes, "Datakalab est le premier laboratoire conseil en neuromarketing qui mesure les émotions des consommateurs à l’aide d’outils issus des neurosciences pour nourrir les stratégies de transformation et d’innovation"... 

    Bref tout va bien dans le meilleur des mondes, on étudie vos émotions, on dicte même votre comportement à partir de celles-ci. Vous souvenez-vous de l'équation OCEAN évoquée lors de l'article sur Cambridge Analytica ? 

    Donc avant de revenir sur ce sujet en faisant un article bien plus long avec des mots tranchés avec l'envie d'en découdre et de semer la zizanie...

    Je vous laisse avec les propos tenus lors de la conférence "Éthique et Numérique" à Saint-Herblain lors de la #DigitalWeek. 

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  • Le saviez-vous ? La Route de la Soie - Éditions est née...

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    Pendant l'été, nous avons grimpé, nagé, couru, pris l'horizon pour le déplier sous vos yeux. Évidemment, au passage nous avons saisi le bleu Klein pour en faire un sac où ranger les publications de la Route de la Soie - Éditions... 

    Une maison dédiée à la création de liens entre les cultures, entre les savoirs... Une citation d'Ella Maillart en bandoulière pour comprendre que la paix est une nécessité et que nous devons tout faire pour la mettre en oeuvre. 

    Si vous avez loupé... Voici en images, en mots et en liens nos publications ! 

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    La Revue n°260-261 de l'Association Française des Femmes Diplômées des Universités (et de l'enseignement supérieur), sous la direction de Claude Mesmin se propose de vous apporter un regard neuf sur les migrations au féminin. Dans ce recueil, les textes émanant des auteures de plusieurs pays sont accompagnés de récits détaillés de leurs travaux auprès de femmes venues d’ailleurs. De ces regards de femmes, sur d’autres femmes en souffrance à cause de la migration, émerge de ces récits au féminin, un autre regard plus éclairant. Cette peinture des capacités, face aux douleurs de chaque femme loin de son pays, est une magnifique leçon d’humilité et de tendresse envers l’autre, sa soeur, chassée de sa culture et de sa langue. 

    Ont participé à ce livre : Claude Mesmin, Francine Rosenbaum, Marie-Claire Hamard, Marie-Thérèse Couy, Christine Peix, Céline Laflute, Paloma Fernandez Sobrino, Nadia Poure, Tania Zittoun et Teuta Mehmeti, Marie-Christine Manuel, Margarida Cesar, Isabelle Broué, et Laetitia Vivien.

     

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    Ce livre Journal de Guerre (mai- juin 1940) est un magnifique témoignage à mettre entre toutes les mains. Andrée Coconnier nous propose de découvrir le journal de son père André Lecappon (un humaniste convaincu). Elle lui a redonné vie au moment où notre monde court au chaos. Il y a de la force dans ce livre, il y a de l'émotion. Mais il y a aussi le témoignage vibrant de cet homme en quête de paix dans l'absurdité de la guerre. Un livre à découvrir sans plus attendre. 

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    Connaissez-vous le Xinjiang ? Cette région de l'ouest de la Chine ? Après avoir parcouru cette région pendant plusieurs mois, je vous propose de rencontrer ses habitants, de voir quels sont les visages de ceux qui au jour le jour font de cette région un endroit incroyable. Le coeur de la Route de la Soie y vibre.

     

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    Fan Zhang vous livre ses émotions lors de sa venue à Paris où elle a étudié. Une ville bruyante difficile pour la jeune femme. Une découverte poignante d'une artiste chinoise au talent hors du commun pour saisir les situations. Elle nous fait vibrer par des couleurs, des traits. Un regard infiniment poétique sur le monde.

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    Ce livre est le premier, il est le lancement, le kilomètre zéro de la Route de la Soie. Il est une joie, une frénésie poétique sous les mots de Pascal Ordonneau qui a déambulé dans les rues autour du Panthéon grâce à mes photographies. Un dialogue entre les lumières et les pas perdus. Le souffle de ce lieu au carré pour découvrir que la Route de la Soie c'est aussi cela une perspective poétique.  

  • Zunyi - 遵義

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    Ce week-end, offrons-nous une respiration à Zunyi, une ville au coeur de la Chine. Cette ville se trouve au nord de la province de Guizhou (貴州省 ). Cette région est, quant à elle, située au Sud de la Chine. Montagneuse et difficile d'accès, cette région a souvent été "oubliée". Sans doute était-ce pour mieux en préserver les légendes. 

    Cette région est cependant au centre de l'histoire même de la Chine. Elle abrite près de dix-sept ethnies minoritaires dont les Miaos () - le peuple des rizières -, les Buyeis (布依族) - une ethnie majoritairement animiste -, les Dongs (侗族) un peuple des montagnes dont les chants sont adaptés à chaque situation de la vie- les Zhuangs (壯族). 

    Autant dire que cette province est faite de milles visages, de mille coutumes. Chaque recoin de ses montagnes abritent une histoire, une vision, une danse entre les nuages. Les vents se jouent de l'horizon. Les collines se dressent en un dragon fier. Et si vous êtes attentifs, vous pouvez décelé à l'oeil nu des ruines qui se dressent. Elles veillent encore. Il s'agit des ruines de Hailongtun (海龙屯) littéralement le Château du Dragon de mer. Depuis 2015, elles sont classées "monument du patrimoine mondial de l'humanité" auprès de l'UNESCO.

     

    Hailongtun (海龙屯) : entre mythologie & histoire

    Construit, par le magistrat local Yang Wen, en 1257 (pendant la Dynastie Song du Sud). Cette construction a défendu la région contre les envahisseurs et notamment les forces mongoles. Elle a également servi de protection aux dynasties Yuan (1271-1368) Ming (1368-1644) et suivantes. Plus qu'une simple garnison militaire, le complexe est en quelque sorte une ville ancienne en miniature, avec un palais, des temples ancestrales, des quartiers, un entrepôt et une clinique. Il a été localement conçu et construit à travers la collaboration entre des architectes issus de différentes origines ethniques (dont les Hans, Miaos, Gelaos et Tujias) et se distingue par son mélange distinctif de caractéristiques architecturales.

    Cette forteresse légendaire a une histoire commune avec celle de la famille Yang, qui a dominé la région pendant des siècles. À la fin de la dynastie des Tang, Bozhou a été dépassée par le régime voisin de Nanzhao, et les forces Tang menées par Yang Duan ont été envoyées pour le récupérer. Après sa victoire, Yang Duan est resté dans la région pour gouverner, marquant le début de la domination de sa famille. Son fils a hérité de son titre.

    En 1573, Yang Yinglong hérite ainsi du poste de gouverneur de Bozhou. À l'époque, la dynastie des Ming avait une politique laxiste à l'égard des responsables régionaux des régions du sud-ouest, qu'il considérait comme des eaux secondaires minoritaires. Tant que les régions ont envoyé l'hommage requis à la cour impériale, les dirigeants locaux avaient le droit de faire ce qu'ils voulaient. Avec ses terres fertiles et sa récolte abondante, Bozhou était convoitée par des seigneurs de guerre au Sichuan et au Guizhou. Soutenue par une armée considérable, Yang Yinglong a mené un style de vie extravagant et a régi avec un poing de fer.

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    Mais lorsqu'il a tué sa femme à la suite d'une altercation, les responsables de Guizhou l'ont signalé à l'autorité centrale. Ils l'ont également accusé de tentatives de rebellions. L'empereur de Song a alors envoyé une armée de 240 000 personnes pour assiéger Hailongtun. Après une bataille sanglante qui a duré 114 jours, les forces impériales ont traversé les fortifications arrière de Hailongtun. Yang Yinglong s'est enfermé avec deux concubines dans une pièce et il a mis le feu. Les forces impériales ont organisé un massacre, décapitant plus de 20 000 habitants. Ce massacre, est sans doute, l'un des pires de l'histoire de la Chine, met fin à 725 ans de règne de la famille Yang dans la région.

    Donc au détour des collines verdoyantes c'est cette histoire qui vous regarde. Il a fallu beaucoup d'ingéniosité pour créer ses escaliers au coeur d'une végétation intense. Un dédale de marches conduit à des portes ancestrales. Les mille couleurs du jour, vous entraînent dans la magie des lieux. Les marches qui mènent aux portes, aux temples, vous font avaler un dénivelé de près de 500 mètres par endroit. Sans doute est-ce là le vertige historique qui se fait ressentir. 

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    L'histoire en marche

    Cependant l'histoire passée ne doit pas faire oublier celle du présent. Faisons un bon historique et arrivons au XX° siècle. 

    Zunyi abrite le lieu de la Conférence du Comité central du Parti communiste chinois de 1935. Lors de cette réunion, le parti a décidé de corriger ses erreurs antérieures dans l'élaboration des politiques et a convenu d'une nouvelle approche stratégique. La salle de conférence existe toujours et le visiteur est "accueilli" par Mao Zedong.

    Selon l'histoire officielle du Parti communiste de Chine, la Conférence de Zunyi a été un moment crucial dans le développement de l'Armée rouge et pour le parti lui-même. Au cours de la réunion, l'extrême «pensée gauchiste» de Wang Ming, ancien chef du parti, a été rejetée. Le mouvement a fini par sauver à la fois l'Armée rouge et le parti de la disparition.

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    Sur les pentes de la montagne Xiaolong se trouve le cimetière des soldats de l'Armée rouge. Couvert par une végétation luxuriante, le cimetière a été construit pour faire face au fleuve Xiangjiang. En face du cimetière se trouve un monument mettant en vedette de grands personnages manuscrits en or par le leader de l'état tardif, Deng Xiaoping, qui a lu: "Les martyrs de l'Armée rouge sont immortels". Juste derrière le monument se trouve le tombeau de Deng Ping, chef d'état-major de la Troisième Armée rouge Corps. Soixante-dix-sept soldats sont enterrés à côté de lui, le plus jeune à peine 20 ans.

    Vous trouverez également l'histoire de ce jeune médecin. En janvier 1935, tandis que l'Armée rouge traversait la ville, une épidémie de fièvre typhoïde dévastait le village. Il a alors décidé de rester là et de venir en aide aux villageois. Retrouvé par les ennemis, il fut abattu. Sa tombe a été érigée par les villageois, et, génération après génération, les habitants viennent saluer et nettoyer sa tombe.

     

    Les beautés naturelles

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    Il faut aussi prendre le temps de se perdre dans les beautés sculptées par la nature. Et notamment la zone de Chishui (赤水). Un lieu unique où les montagnes sont rouges, où l'eau elle-même devient rouge. Les cascades défient l'horizon. Elles emportent les secrets du monde dans les entrailles de la terre. Elles jaillissent tel un printemps, nous rappelant que le dragon veille. Les forêts de bambous surprennent et émerveillent.

     

    C'est sur cet émerveillement que j'ai envie de vous laisser. Il est une clef pour comprendre la Chine. Il faut dépasser ce que nous croyons savoir, pour aller au coeur des beautés de ce pays. Nous devons nous attarder sur chaque histoire pour en comprendre l'évolution, la vision. Zunyi éclaire l'un des mystères : celui de la culture "Tusi". Ce système "tusi" découle, lui-même, des systèmes de gouvernance dynastique des minorités ethniques (datant du IIIe siècle av. J.-C.). Il avait pour but d’unifier l’administration nationale, tout en permettant aux minorités ethniques de préserver leurs coutumes et leurs modes de vie. Les sites de Laosicheng, de Tangya et de la forteresse de Hailongtun apportent un témoignage exceptionnel sur cette forme de gouvernance issue de la civilisation chinoise des époques Yuan et Ming. Laissez-vous emporter par les mystères de cette région de Chine, partez à la rencontre de ses collines aux mille histoires.