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finance

  • La Route de la Soie réveille les craintes occidentales

    Faisons un peu d'histoire, avant de nous lancer dans l'actualité de la Route de la Soie. Même si nous ne la connaissons pas nécessairement. Elle sonne pour chacun comme une route reliant l'orient à l'occident, ou l'inverse. Nous imaginons toujours des voyageurs partant de Paris ou de Turquie pour aller à pieds, à cheval, ou en voiture vers l'orient. Ces voyages sonnent avec brigands de grand chemin, ou aventure incroyable. 

    En fait, la Route de la Soie, historiquement c'est un peu tout cela à la fois. Elle désigne, en effet, un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine à la ville d'Antioche, en Syrie médiévale (aujourd'hui en Turquie). Elle sert à faire transiter de nombreuses marchandises. Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie. D'où dans la culture chinoise, l'importance de tisser le fil de soie entre chaque individu. 

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    Pendant des siècles, elle a été d'une très grande importance non seulement pour les échanges économiques mais également pour les échanges culturels. Il est intéressant de se rendre dans le Xinjiang pour en découvrir les traces et voir comment, elle revit avec la force de la politique de Xi Jinping. 

    Les plus anciennes de traces de la route de la soie remontent à plus de 2000 ans avant notre ère. Mais c'est sous la dynastie Han (de 221 avant J.-C. à 220 après J.-C.) qu'elle se développe. La dynastie Tang aussi lui consacre des fonds et cherche à l'étendre. À partir du XV° siècle, la Route de la Soie se voit de façon progressive abandonnée. La chute de Constantinople, les conflits turco-byzantins finissent par détourner les Occidentaux de cette voie. La volonté hégémonique occidentale va se déployer par la mer. L'Occident cherche alors une nouvelle route vers les Indes.

     

    La Route de la Soie ou la peur occidentale d'un envahissement

    Une chose m'intéresse beaucoup, quand on regarde cette histoire, les routes (ses milliers de chemins qui parcourent les montagnes, comme les déserts, comme les prairies) ne portaient pas de nom. On indiquait juste les points cardinaux ou les noms des grandes villes. L'apparition de l'expression "la Route de la Soie" est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen. 

    C'est d'ailleurs amusant de voir que cette expression va très vite enfermée une crainte : celle de la colonisation du continent européen par une autre civilisation. Cette peur a très vite masqué les apports fondamentaux de cette route : boussole, poudre à canon, papier-monnaie, imprimerie. Toutes ces inventions viennent de Chine. Face à de tels savoirs, ou de telles performances, il faut revenir à soi, à son identité. Les frontières s'érigent en gardiens des "cultures", des "identités". 

     

    Le XIX° siècle ou l'instauration des régimes constitutionnels en Europe

    La période charnière est celle de la chute de l'Empire napoléonien (1812-1815). En 1815, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède et la Norvège possèdent une Constitution. Après les mouvements révolutionnaires de 1830 opposant libéraux et contre-révolutionnaires, l'Espagne et le Portugal adoptent un régime constitutionnel. Lors du Printemps des Peuples de 1848, de nombreux autres pays rejoignent le mouvement comme le Piémont, et certains pays modifient leurs institutions dans un sens plus libéral (Pays-Bas, Suisse ou Danemark). Les soulèvements de 1848 aboutissent à la chute de Metternich et l'obtention d'une Constitution dans la Prusse autoritaire.
    Le mouvement libéral atteint même les Etats les plus autoritaires comme l'Autriche-Hongrie, où l'empereur François-Joseph, anti-libéral au début de son règne (1848) devient un souverain constitutionnel.

    En France, nous le savons, et comme le souligne Ernest Lavisse, dans L'Histoire de la France contemporaine, le Second Empire est analysé en deux périodes par les historiens : la première qualifiée d'Empire autoritaire qui s'étend globalement de 1852 à 1860, et la seconde dite "Empire libéral", s'étalant globalement de 1860 à 1870. 

     

    En d'autres termes, si le XIX° siècle voit naître l'expression "Route de la Soie". Par là-même que l'on nomme ou désigne, on enferme, on encercle ce qui par essence est un flux, un mouvement perpétuel d'échanges. La "Route de la Soie" devient objet de recherche, c'est qu'elle n'existe donc plus. C'est un vestige.

     

    La Route de la Soie émerveille des écrivains

    Elle anime les esprits, l'imagination, elle fait tomber les mots. Elle nous enivre. A chaque période, les écrivains ont voulu en goûter les poussières pour la dresser en mythe. Mais elle est aussi ivresse de couleurs, de rencontres, de découvertes, de cultures. Rien n'a le même goût sur cette route, les milliers de kilomètres réveillent les yeux, transpercent le coeur. 

    Bien après Joseph Artur de Gobineau, Pierre Loti prend un thé dans les bazars d'Ispahan "avec les Circassiens, les Turcomans et les loqueteux". Sous sa plume, on s'émerveille devant «la place impériale, la merveille de la ville, [...] les minarets et les coupoles jaunes de l'antique mosquée du Vendredi, l'une des plus vieilles et des plus saintes de l'Iran». On sourit aux couleurs, aux arabesques. 

    Cependant on oublie souvent que des femmes ont aussi parcouru cette Route. N'oublions pas ici Ella Maillart. Elle emprunte cette route avec Peter Fleming (en février 1935). Ils quittent Pékin pour la Chine intérieure, de là, ils se lancent dans "l'inconnu démesuré".

    Ella Maillart est, pour moi, une clef dans l'histoire des visions du monde. Trop souvent oubliée ou négligée. Elle a, cependant, osé aller là où personne ne va. L'égalité ne se conquiert pas dans les discours, elle s'applique sur le terrain. La Route de la Soie, c'est la voie de la liberté. 

    C'est Paul Morand qui la décrit le mieux :

     "Celle que je veux dire, c'est une femme bottée de mouton, gantée de moufles, le teint cuit par l'altitude ou le vent du désert, qui explore des régions inaccessibles avec des Chinois, des Tibétains, des Russes, des Anglais dont elle reprise les chaussettes, panse les plaies, et avec lesquels elle dort en pleine innocence sous les étoiles … Et cette femme, c'est Ella Maillart."

     

    Avec elle, la Route de la Soie retrouve son aspect vivant. Elle lui redonne un élan, le plaisir de la jonction. On ne peut pas imaginer, sentir ce qu'elle a vu au fil des milliers de kilomètres en 1935. Mais la Route de la Soie redevient palpitante. 

    Car quel que soit le siècle, la Route de la Soie est vivante, elle passe au travers des guerres, elle peut raconter des histoires sur le monde, les pays, les mouvements de frontières. Elle contourne, passe au travers, elle oblige à s'interroger, à se confronter à ses propres limites. 

     

    La Route de la Soie renaît : le "marché européen" a peur

    Dans son livre blanc notamment et à plusieurs reprises lors des congrès, le président Xi Jinping a annoncé la volonté de créer et de mettre en oeuvre le projet "One Belt, one road" - "Une ceinture, une route". Ce projet est déjà bien établi et les partenariats signés.

    L'idée globale : redonner naissance à la Route de la Soie, de deux façons : terrestre et maritime. Terrestre par la Route et par le Chemin de fer. Le tracé de la Route avance depuis le Xinjiang vers l'Europe. En passant par le Kazakhstan, l’Asie centrale, le Nord de l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie. Mais elle vise également à redonner sa "chance" à l'Afghanistan, à l'Irak, et au Pakistan... Chaque pays peut construire un partenariat "gagnant-gagnant" avec la Chine.

    La seconde route de la Soie, baptisée "21st Century Maritime Silk Road" emprunte quant à elle les mers. De l’Asie à l’Europe, le tracé part des grands ports de la mer de Chine (en particulier Guangzhou/Canton), suit la Thaïlande et le Viêt-Nam, la Malaisie, croise Singapour et longe l’Indonésie, avant de rejoindre, via l’océan Indien, le Sri Lanka, puis la mer Rouge, le Golfe, et, enfin, le Canal de Suez et la Méditerranée. Un autre tracé est déjà envisagé via l’Afrique, notamment le Kenya. 

    A nouveau les médias s'affolent, s'acharnent à dénoncer une OPA chinoise. L'Europe tendrait à disparaître via cette initiative. 

    Une question, me vient n'avons-nous rien appris au cours de l'histoire de l'Europe ? N'avons-nous toujours pas compris que la fin des lumières n'est pas le fruit du hasard ? Mais bien la résultante d'un enfermement ? D'un repli sur soi (merci Emmanuel Kant).  Une route, une voie ferrée pour faciliter les échanges, entraîne non pas une disparition mais bien la volonté de grandir ensemble, d'améliorer notre existence et donc de (se) comprendre.

    Cependant le marché libéral européen n'a pas besoin de cela. Je dirais même qu'une population éduquée, comprenant les mécanismes auxquels elle répond (soit dit en passant une population éclairée) cela dérange. Voilà ce que bouleverse ce grand projet chinois. Nos habitudes mentales, nos soumissions volontaires au marché...

     

    La Route de la Soie ou la pacification du monde

    Certains parient sur le "choc des civilisations" de Samuel Huntington. Vous savez cette doctrine apparue en 1993 (dans un article de la revue Foreign Affairs). A l'époque, il y avait encore une interrogation. Puis elle est tombée avec le livre The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order paru en 1996. Et évidemment, cette vision du monde repose sur la fin de la guerre froide. Afin de faire face à se déséquilibre des forces, les "civilisations" vont devoir se rassembler sur leurs forces communes. Il définit huit civilisations : occidentale, latino-américaine, africaine, islamique, chinoise, hindoue, orthodoxe et japonaise.

    Dans ce contexte, on ne peut avoir qu'une vision négative de la civilisation chinoise, elle viendrait dévorer celle occidentale. C'est un peu curieux non ? Attendre le XXI° siècle pour cela, alors que c'est la plus ancienne civilisation ?

    Evidemment, cette théorise repose sur la peur, sur des mécanismes archaïques et sur l'absence de compréhension du métissage des civilisations. Aujourd'hui nous pouvons être nés au Vietnam, vivre à Paris, épouser un Canadien, et finalement aller vivre en Australie... 

    En fait, la vision de Samuel Huntington ne nous fait pas grandir. Elle ne tient pas à remettre en cause, les limites du système dans lequel nous vivons. Nous devons regarder l'Occident tel qu'il est : vieux, fatigué, englué dans des histoires coloniales et surtout tellement épuisé qu'il n'arrive pas à se projeter dans un autre système de pensée. 

    Or le projet de la Route de la Soie, ce n'est que cela. Il ne s'agit pas de tirer un trait pour effacer. Il s'agit d'ouvrir, de défricher. Sans cela, oui l'Occident va s'éteindre. Il s'agit de faire un constat et de réveiller les esprits. 

    Dans son livre blanc Xi Jinping explique qu'il souhaite affirmer "le socialisme à la chinoise". Le socialisme a toujours fait peur à l'Occident. Mais cette affirmation par Xi Jinping signifie en fait les points suivants :

    • l’indépendance : la Chine reste non alignée
    • le multipolarisme : aucun pays ne domine
    • le double système : « un pays deux système » (comme avec Hong Kong)
    • le développement pacifique : il ne s’agit pas de créer une hégémonie nouvelle, il s’agit de collaborer ensemble avec les pays pour dessiner un bel avenir ensemble.
    • la coopération est internationale, les affaires sont multilatérales.

    Cette multipolarité comme ce travail en coopération font peur en Europe, un continent qui n'a connu que des guerres pour définir ses frontières intérieures. Et qui aujourd'hui ne sait plus comment il fonctionne. Surtout que l'Europe n'est même plus maître de ses propres guerres. Elles sont dessinées, façonnées par d'autres, les gouvernances nationales n'ont plus qu'à obéir aux injonctions.

    La Route de la Soie nous offre la possibilité de rebattre les cartes de la géopolitique internationale. Elle nous oblige à prendre en considération que les anciennes colonies ont grandi, qu'elles sont autonomes. Et qu'elles sont porteuses de nouveaux marchés.

    La Route de la Soie nous permet de nous repenser, d'inventer un nouveau système de valeurs.

    Il n'est sans doute pas trop tard.

    Mais une chose est sûre, si l'état nation disparaît en Europe, ce ne sera pas au profit de l'Europe mais bien au profit des multi-nationales (du GAFA). Personnellement, je n'ai pas envie de vivre dans un pays nommé Facebook France ou Facebook Europe. 

  • Laurent Mauduit : Main basse sur l'information

     

    médias,manipulation,finance,indépendanceDepuis que j'ai commencé à travailler sur le langage, il y a bien longtemps en arborant fièrement un t-shirt avec des phrases de Samuel Beckett en seconde année de fac, ou encore dès le lycée en écoutant les conneries de mes camarades. Bref, j'ai attendu bien longtemps un livre comme celui-là. 

    Après le livre d'Ingrid Riocreux, je suis dans mon mois de lectures chanceuses. C'est vrai ! Enfin tout le monde s'y met, l'armure de la médiation se craquelle, les langues se délient.

    Et si concernant l'essai d'Ingrid Riocreux je partage bon nombre d'analyse, je dois faire remarquer que le consentement ne se fabrique plus. Il s'entretient. C'est fini, l'accès au mass média, à la culture de masse qui redemande des "ça pleut" ou des "télé-réalités où Nelson Mandela se confond avec un acteur américain", prolongent le consentement. On ne se demande plus "si on doit accepter les conditions d'utilisation de son smartphone". Cela commence là... 

    Bref, revenons au livre fabuleux de Laurent Mauduit. Hier, je ne l'ai pas lâché, je l'ai lu d'une phrase à l'autre en soulignant les passages truculents... Et il y en a tellement que j'ai eu la nausée. La nausée de ce monde que j'ai vu arriver, contre lequel je bataillais avec mes mots, choisissant constamment l'indépendance et son prix à payer : la précarité. 

    Qui détient les lignes téléphoniques, détient l'information ! En cours j'ai toujours dit aux étudiants qui détient l'information est le roi... Cela signifie aujourd'hui, comme évoqué dans l'article sur l'indépendance des médias, que tout média est possédé. Le terme possédé est ici très intéressant. 

    Qui possède le média, dénonce sa ligne éditoriale, change les équipes, balance des bons mots sur des livres à défendre (normal, ils appartiennent au même groupe)...

    Laurent Maudit me livre ici le complément d'information qu'il me manquait. L'ancrage dans l'histoire de la finance. Comme il le souligne à propos de Patrick Drahi (SFR) "Mais quiconque cherche à démêler l'invraisemblable lacis de holdings, groupes, sociétés, filiales ou sous-filiales de l'empire Drahi se perd dans un organigramme d'une infinie complexité, qui passe par d'innombrables pays et paradis fiscaux, et qui fait l'objet d'incessantes modifications" (Cf. p. 117).

    Pour moi c'est exactement cela, mais je n'ai jamais regardé à quel point tout n'est qu'entrelacs. Pourtant, j'aurais dû m'y pencher dès que j'ai mis un pied au secrétariat de la rédaction de l'Humanité. Simple remplaçante, mais tout était déjà visible. Le jeu des cartes déjà abattues. J'avais mis cela sur le compte de mon idéalisme, de ma jeunesse "rebelle"... 

    Mais que dire de Pierre Bergé au Monde ? "Tout le naufrage d journal est contenu dans ce pied de nez de l'histoire : Le Monde croqué par celui dont il a révélé jadis les manigances financières"(Cf. 240)

    Un peu plus loin Laurent Mauduit nous révèle les jeux d'influence de Matthieu Pigasse, Alain Minc, DSK, Xavier Niel et de tout ce petit monde de Euro-RSCG (Havas)... N'oublions pas Anne Hommel au milieu de cet univers. N'oublions pas non plus que souvent leur plume est Gilles Finchelstein (directeur de la Fondation Jean-Jaurès - dont le but consiste à « favoriser l’étude du mouvement ouvrier et du socialisme international, de promouvoir les idéaux démocratiques et humanistes par le débat d’idées et la recherche, de contribuer à la connaissance de l’homme et de son environnement, de mener des actions de coopération économique, culturelle et politique concourant à l’essor du pluralisme et de la démocratie dans le monde »). 

    Cette bonne blague !

    Et puis, évidemment, arrive dans quelques pages le chouchou des médias. Le "jeune loup", vous ne voyez toujours pas, attention, il porte rarement des cravates et est "en marche"... Et oui tout ne serait pas parfait sans cet autre banquier : Emmanuel Macron. 

    Le livre de Laurent Mauduit est plein de belles histoires nauséabondes à souhait. Mais son travail ne serait pas parfait s'il ne citait pas des auteurs qui ont fait l'histoire. De Hugo, à Blum en passant par Jaurès et cette phrase de Mirabeau "mais je soutiens que l'existence d'un bon livre ne doit pas plus être compromise que celle d'un bon citoyen ; l'une est aussi respectable que l'autre ; et l'on doit craindre également d'y attenter. Tuer un homme, c'est détruire une créature raisonnable, mais étouffer un bon livre, c'est tuer la raison elle-même" (Cf. p. 310).

    Il nous rappelle un peu plus loin que le même Robespierre (qui avait déclaré "la Liberté de la presse doit être entière et indéfinie, ou elle n'existe pas. Je ne vois que deux moyens de la modifier : l'un d'en assujettir l'usage à de certaines restrictions et à de certaines formalités, l'autre d'en réprimer l'abus par des lois pénales ; l'un et l'autre de ces deux objets exigent la plus sérieuse attention" (Cf. p. 316)) amende ses propres convictions le 19 avril 1793 en rétablissant la censure...

    Une respiration avec cette citation de Victor Hugo "permettez-moi, messieurs, en terminant ce peu de paroles, de déposer dans vos consciences une pensée qui, je le déclare, devrait selon moi dominer cette discussion : c'est que le principe de la liberté de la presse n'est pas moins essentiel, n'est pas moins sacré que le principe du suffrage universel" (Cf. p.319).

    Cet document fera date, c'est un travail minutieux. Je ne partage malheureusement pas sa conclusion optimiste, les rassemblements de journalistes, les nouvelles formes de résistances... Non... L'heure est malheureusement à l'écrasement des consciences, à l'oppression encore plus grande, au prolongement du consentement... Avant la refonte des médias, avant le réveil des plumes engagées, il y aura un long moment d'asservissement moderne. Un esclavage qui ne dit pas non nom : celui des esprits.

     

     

  • Pascal Ordonneau : "La désillusion / Abécédaire décalé de la banque et de la finance"

    finance,pascal ordonneau,livre,abécédaire,analyseQuelle drôle d'idée que cet ouvrage. Revenir sur ce livre, c'est important car c'est un document qui pèse lourd. D'abord c'est un livre de plus de 1000 pages. Mais rassurez-vous son auteur s'amuse des mots de la finance et de la banque. Il joue sur leurs histoires. Ancien banquier, ancien financier, il nous livre ici les mots, leurs trahisons dans un monde qui semble nous gouverner. Un monde dans un monde.

    Pascal Ordonneau semble nous dire "bienvenue dans mon jargon". Venez donc comprendre des mots d'un monde dit "affreux" qui souffre d'une notoriété assez mauvaise... Qui ne pense pas au trader fou et drogué ?

    Au travers de 365 entrées, allant par un curieux hasard du fameux AAA (pour la lettre A) à Zone euro (pour la lettre Z), l'abécédaire de Pascal Ordonneau revisite les termes de la finance, en y apportant des éclairages teintés d'humour, souvent en lien direct avec l'actualité économique. 

    Publié au fil des jours dans les colonnes des Echos.fr, ce dictionnaire est un projet pharaonique. Mais c'est aussi de l'aveu même de son auteur "un vieux projet, celui de commenter, exposer les mots de la Banque et de la Finance, ne pas taire les réflexions critiques sur la Banque et la Finance et quelques plaisanteries aussi. Parfois, il vaut mieux en rire ". 

    Comme tout joueur de mots, Pascal Ordonneau, nous fait rire au fil des histoires, au fil de sa vision décomplexée. Avec lui on accepte plus facilement de rires et de rêver à un changement de paradigme. Et si la Finance était à la portée de tous ? C'est simple il suffit de se saisir des définitions et d'en rêver d'autres... Ce livre est la pierre de touche de tout changement... Foncez... Cliquez ici !