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Rebelle - Page 39

  • Jacques Flament

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    Ce matin, le monde a connu un séisme. Vous ne l'avez pas ressenti et pourtant le soleil ne brillera plus de la même façon, les mots ont tourné court. Ils ont craqué l'allumette des désordres. Ils se sont désengagés du monde. 

    Le séisme c'est la fin d'une aventure éditoriale, d'un engagement sincère et solitaire de la Bretagne aux Ardennes en passant par tous les territoires de l'imaginaire. Jacques Flament a décidé (après de nombreux combats éditoriaux, de nombreux cris politiques, de nouvelles tentatives littéraires et artistiques) de fermer la boutique à mots, la boutique joyeuse des confrontations d'idées.  

    Ainsi en plein démarrage des Jeux Olympiques d'hiver, la clarté sombre des réverbères a décidé de ne plus porter sa flamme. Je sais que Jacques Flament a choisi ce moment pour dire au monde "j'ai tout essayé, l'indépendance des mots, des idées... mais face aux géants aux idées de supermarché, je ne peux rien"... En 7 ans, 360 livres publiés... des kilomètres parcourus et toujours l'audace de pousser ses auteurs plus loin. 

    Le goût des mots, des images, des sports extrêmes nous avons cela en commun, Monsieur Jacques Flament... C'est lui qui le premier m'a poussé à sortir des blogs, des récits de mes carnets papiers. Le premier fut une audace : revenir sur ma première translation, ma rencontre avec la Chine après huit jours de train. Paris-Moscou-Pékin. Un train, une délibération, un kilomètre puis deux, les blessures se soignent-elles avec l'espace ? Que de kilomètres solitaires et lointains parcours ? Combien de mots en attente, en découvertes, en joies et en tristesse ? Jacques Flament est le dénicheur de ceux qui en ont assez des lourdeurs d'un monde qui publie toujours la même chose... Ne soyons plus très polis "la même merde partout et toujours"... Cette merde qui endoctrine et pourrit toute idée de révolte. 

    Au coeur des perditions de paille, nous avons l'art en commun, au milieu des mots et des désordres, il m'a poussé à écrire sur Java, à raconter cette île et ses fantômes. Des couleurs créatives à un monde vivant autrement le temps, l'espace et ses mythes. 

    En parallèle des voyages, des aventures (in)humaines, il m'a tendu la perche pour mes recherches, les mots philosophiques, les mots barbares, les mots oubliés, les mots percutés et percutants (sur Julien Friedler, mais aussi et surtout sur Samuel Beckett). Et évidemment l'Himalaya et mes retours incessants au Tibet pour comprendre que le monde n'est pas ce que nous voyons mais bien ce en quoi nous voulons croire. Raconter ces histoires de sommets, partir (au Népal), partir (au Xinjiang), partir (au Gansu) et revenir aux mots, à la langue, voilà ce que Jacques Flament m'a permis. Revenir au sens des mots, aux désordres de nos pensées...

    Marteler l'écart entre ce que nous pensons voir et ce que nous refusons de voir réellement : un endoctrinement indolore, massif et collectif. Peu à peu au fur et à mesure des kilomètres et des pages, il y a la certitude ce travail : l'influence. La compréhension des nouveaux publics se joue de la philosophie, de la psychologie, de la sociologie... Nous devons frapper à grand coup d'éthique, de réveil des sens, de réflexion sur le bonheur, la joie. 

    Sans sa maison d'édition, nous sommes tous orphelins. Abandonnés face aux incessants combats. Mais je sais que certains vont continuer, trouverons l'élan pour reprendre le flambeau.

    À mon modeste niveau, je vais essayer avec la Route de la Soie-Éditions. Tentative fragile pour mettre de l'ordre dans un monde fissuré, où l'engagement d'un homme nous manquera. Pour moi, en dehors de mes publications, Jacques Flament cela aura été 7 années de combats éclairés, de réflexions partagées.

    Pour toi Jacques, pour tes nouveaux combats, pour les futurs kilomètres que tu vas avaler dans un coin ou l'autre de la planète, je retrouve ce matin les vers de René Char  (dans commune présence, in Le Marteau sans maître 1934-1935 - éditions Corti José) :

    "hâte-toi
    hâte-toi de transmettre
    ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
    effectivement tu es en retard sur la vie
    la vie inexprimable
    la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir
    celle qui t'es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
    dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    au bout de combats sans merci"

     

    Pour tout cela Jacques, un grand merci. Le combat continue en mots, en kilomètres, en images, en publications nouvelles, en transmission...

     

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  • Street-Art ou l'art du regard

    Dans la rue, que voyons-nous ? Des publicités, des affiches officielles, des interdictions ? Et si on allait au-delà ?

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    Vous souvenez-vous que le « Défense d'afficher » est une inscription fréquente sur les murs de villes françaises depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette loi de la IIIe République définit les libertés et responsabilités de la presse française, en imposant un cadre légal à toute publication, ainsi qu'à l'affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique. En d'autres termes, il n'est pas possible d'afficher tout et n'importe quoi. Mais où est-il possible de rêver si ce n'est sur les murs qui nous enferment dans la ville ? 

     

    L'art n'est-il pas possible sur ces murs tristes des villes urbaines, trop urbaines... Et si on laissait une trace de notre (in)humanité ?

    Le Street art est un art strictement visuel développé dans les espaces publics... Justement dans notre espace quotidien, là où il ne devrait pas pousser, l'art vient et revient pour nous arrêter, nous faire sourire, nous chahuter. Bousculer nos certitudes. 

    Alors prenons le temps avec les étudiants de l'ISEG, workshop images et photographies, de nous perdre dans un espace très parisien. La Butte-aux-Cailles est propice aux jeux de cache-cache. Des rues pavées sous la neige et le froid. Des montées, des descentes et de l'art qui doit s'improviser. Contrairement à ce que l'on croit, le street-art n'est pas nécessairement une grande fresque (devant laquelle on s'écrie "waouh". Non il est aussi un voyage dans votre sens artistique. Alors prenez une grande respiration. L'oeil a besoin du détail.  

    Le terme "street art" fait référence habituellement à l'art non-autorisé, non-conforme aux initiatives sponsorisées par un gouvernement. Il peut inclure des illustrations graffiti traditionnelles, des sculptures, des graffitis au pochoir, le sticker art (autocollants), le street poster art (art de l'affiche), - et même les projections vidéo et le guerilla art. Par opposition au graffiti, le street art n'est pas une indication d'un territoire à défendre, d'une zone particulière. 

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    Réveillons les armes de la jeunesse, leurs esprits créatifs. Ouvrons leurs yeux, laissons-les libres de leurs pas dans une architecture parisienne pleine de surprises... Attention soyez attentifs...

    L'art est un jeu en liberté... Perdez-vous, revenez sur vos pas. Interroger l'équilibre. Faites des choix, ne restez pas figés pour faire une image.

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    Qu'est-ce que regarder ? La question est bien là... C'est à la fois découvrir et se découvrir, se projeter, se confronter, se rechercher...

    Un regard ne se donne pas dans l'immédiat de l'expérience. Il se construit au fil des kilomètres, au fil des années, des blessures, des chatouilles, des confrontations.

    Et le street-art cela "pique" dirait certains. Cela ne se donne pas immédiatement. Il faut se creuser. Il faut chercher, se confronter au détail, aux perspectives. Tournez-vous, agrandissez-vous. Ne croyez pas avoir vu alors que vous n'avez rien saisi de l'espace qui vous entoure.

    Tout regard n'est pas regard. Un regard c'est un politique, c'est une issue, c'est aussi une question et tout autant une tentative de réponse.

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    L'avantage du Street-Art c'est qu'il change avec les saisons, les lieux, les quartiers... Et vous (demain) qu'allez-vous voir ?

     

    Comme Nathan  Schoulal une vision en grand et colorée ?

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    ou bien comme Théa Debray une vision "noire et blanche"  

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    ou comme Arthur Cochery, rendrez-vous hommage à MissTic

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    ou comme Méline Badey aurez-vous l'oeil entre la "défense" et l'attaque au Kiri collé sur le mur ?

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    Serez-vous faire le mur comme Elisa Difallah ?

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    Des liens en partage...

     

  • La mode en image(s)

    Facile de choisir un thème. Tellement facile le mot qui vient en premier à l'esprit dans ce monde où tout va trop vite, où l'esprit est saturé d'images... Sacrée vitesse de passage. Cette semaine les étudiants de l'ISEG avaient choisi un sujet bien à eux : la mode... Mais une fois devant des vêtements luxueux, des objets somptueux... Qu'y a-t-il à dire ?

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    C'est quoi la mode au fait ?

    Dans ses correspondances Flaubert écrivait "Laisse-moi t'aimer à ma guise, à la mode de mon être, avec ce que tu appelles mon originalité. Ne me force à rien, je ferai tout". Mince la mode serait-elle quelque chose de personnel ? Une manière d'être, de penser, d'agir, particulière à quelqu'un. 

    Cependant, Flaubert dans son Éducation sentimentale (au tome 2), écrit "Ces clubs du désespoir augmentaient d'une manière effrayante; et beaucoup de bourgeois s'y rendaient quotidiennement, par bravade, par mode".

    Mais alors c'est quoi la mode : une affirmation de soi, ou la pression d'un groupe social sur des attitudes individuelles ? 

    Revenons à ce que nous dit le dictionnaire Le Larousse :

    • Manière de vivre, de se comporter, propre à une époque, à un pays

    • Manière passagère de se conduire, de penser, considérée comme de bon ton dans un milieu, à un moment donné

    • Aspect caractéristique des vêtements correspondant à une période bien définie ; modèle correspondant à cette caractéristique 

    • Commerce, industrie de la toilette.

    La mode est une affaire de prix, semble nous suggérer Sarah Dicoh :

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    Non c'est une affaire de ressemblance, tous identiques semble nous crier à l'oreille Lola Duplaa :

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    Où trouver la mode ?

    En un bus, nous allons là où Emile Zola disait qu'il s'agissait de « La cathédrale du commerce moderne (...), faite pour un peuple de clientes. » Au bonheur des dames. Un lieu où l'art croise la mode, où le marketing du point de vente s'érige en forteresse, et déploie son imaginaire sensoriel. 

    Pour mémoire, mais c'est quoi le Bon Marché... Et bien résumons l'histoire. 

    Le premier magasin Au Bon Marché fut fondé en 1838 par les frères Paul et Justin Videau sous la forme d'une grande boutique (douze employés et quatre rayons) de mercerie vendant aussi des draps, matelas et des parapluies. Ils s'associent en 1852 avec Aristide et Marguerite Boucicaut qui se lancent dans la transformation du magasin, développant alors le nouveau concept de grand magasin avec un vaste assortiment large et profond, des prix fixés à faible marge et indiqués sur une étiquette, un accès direct, le principe du satisfait ou remboursé et une mise en scène de la marchandise dans un espace de vente : ce type de magasin ne vend plus simplement des marchandises mais le désir d'acheter lui-même. En 1863, les Boucicaut rachètent les parts sociales des frères Videau, lesquels étaient effrayés par les idées commerciales du couple.

    En 1869, grâce à leur succès, les Boucicaut se lancent dans l'agrandissement du magasin confié à l'architecte Alexandre Laplanche. La première pierre est posée le 9 septembre 1869. Les travaux, pratiquement terminés, sont interrompus par le siège de Paris en 1870, pendant lequel le bâtiment sert de centre de distribution des vivres. Les travaux reprennent ensuite et le nouveau magasin, qui borde la rue de Sèvres sur 45 m et la rue Velpeau sur 35 m, est inauguré le 2 avril 1872. Mais le magasin s'avère rapidement trop exigu et les travaux reprennent dès 1872. L'architecte Louis-Charles Boileau, succédant à Alexandre Laplanche, fait appel à l'ingénieur Armand Moisant pour la construction de la structure du bâtiment (1870-1887) ; Gustave Eiffel, qui est couramment considéré comme étant le constructeur du Bon Marché, n'interviendra qu'en 1879 pour réaliser un petit agrandissement. Le Bon Marché passe d'un chiffre d'affaires de 500 000 francs, d'une surface de 300m2 et de 12 employés en 1852, à 72 millions de francs, une surface de 50 000 m2 et 1 788 employés en 1877. Cette expansion signe l'apparition d'une nouvelle classe sociale : les employés qui deviendra la classe moyenne qui constituera la future clientèle des grands magasins...

    Voir le site du Bon Marché pour la suite de l'histoire...

    Cette architecture est le moteur d'une vie, des vies. Il y les auteurs, les artistes, les rêveurs, les flâneurs qui viennent ici s'inspirer, humer la mode, découvrir des couleurs, partager des odeurs, regarder, découvrir... C'est sans doute cela la mode. Un monde en mouvement, une humanité en flottaison. 

    Sous le ciel ?

    Paris a-t-il un ciel ? Nous demandons-nous depuis des semaines. Le gris, l'eau... le Zouave de la semaine passée... Et la Seine qui monte. Le Bon Marché nous invite depuis le 12 janvier à un défi à imaginer avec l'artiste Leandro Erlich ce qui se cache "Sous le Ciel" de Paris.


    Avec ses étonnantes installations, Léandro Erlich réussit à changer la perception des espaces mythique du magasin. Une romance qu’il écrit à sa façon, en plusieurs chapitres ; d’abord dans les vitrines du magasin où des formes légères et cotonneuses flottent en suspension, comme de vrais nuages.

     

    Pouvons-nous manger les nuages ? 

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    Pouvons-nous les attraper et les rendre beaux, même en plein Paris ?

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    Sous le ciel les perspectives s'entrelacent... Les sens se dénouent, se cherchent, s'interpellent.

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    Mais pour Arthur Cochery les perspectives sont emprisonnées et en reflets...

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    Revenons à la mode !

    Elle est sans visage, sans corps, sans fleurs nous dit Elisa Difallah.

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    Tout l'inverse de Nathan Schoulal pour qui les fleurs naissent, disparaissent en volutes de fumées.

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    En plan plus large pour Caroline Deguin un attrait des couleurs, une perte de l'esprit... Un vertige peut-être...

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    David Dehe lui nous questionne sur les ressemblances et les dissemblances de la mode. Mais alors quel chemin suivre ? 

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    La mode est nue, elle est crue semble nous dire Rebecca Lamagnere : 

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    La mode une étrangeté, une impossible quête ? Faut-il revenir à Jean-Jacques Rousseau et à ses propos : “La mode domine les provinciales, mais les parisiennes dominent la mode.” Ou bien faut-il être comme Jean Cocteau et simplement affirmer "la mode c'est ce qui se démode" ?

    Jouons avec Jean Baudrillard  : “ce qui passe de mode entre dans les moeurs. Ce qui disparaît des moeurs ressuscite dans la mode.” Et concluons avec George Bernard Shaw "La mode selon laquelle nous pensons change comme la mode selon laquelle nous nous habillons et pour la plupart des gens, il est difficile, sinon impossible, de penser autrement que suivant la mode de leur époque.”

    Il nous reste la chanson Sous le ciel de Paris et la voie mythique de Edith Piaf... Alors la mode une affaire de culture ? Reveillez-vous et sortez de votre vitesse de passage... Un mot peut être surprenant, paradoxal, étonnant...


     

     

  • Double discours à Davos

    Aujourd'hui, amusons-nous et retrouvons le goût de l'actualité et des mots. Ciel, comme disait Samuel Beckett "tout langage est écart de langage".

    Alors qu'est-ce qu'un double discours ?

    La question peut sembler anecdotique. Elle peut avoir aussi des réponses évidentes. Cependant en ces heures critiques, où la mondialisation doit changer de visage, comme de direction afin d'éviter la rupture définitive entre "les élites" et les "populations", avoir un double discours ce n'est pas faire du "en même temps". Ce n'est pas, non plus, concilier les inconciliables. 

    Avoir un double discours, c'est simplement avoir un discours variable et contradictoire en fonction du public auquel il s'adresse. Là paradoxalement, le public n'a pas changé entre vos deux parties de discours. Vous êtes resté droit, vous avez eu ces phrases, ces propos qui font le bonheur des financiers et le malheur des citoyens...

     

    Montrez-moi le contenu de ce double discours ?

    La vidéo issue de l'article de Jean-Baptiste Duval et de Matthieu Balu sur le site HuffingtonPost illustre parfaitement cette contradiction en images.

    Le premier avoir souligné ce double discours, c'est Eshe Nelson pour le journal Quartz. Il écrit : "la première moitié de son discours, en anglais, s'adressait directement aux chefs d'entreprise, annonçant des investissements dans l'éducation, le changement climatique, la R & D et l'innovation, tout en promettant des incitations fiscales et fiscales pour encourager la prise de risque en France. Macron a déclaré qu'il voulait rendre les règles notoirement rigides du pays plus flexibles - développées de concert avec les entreprises, au lieu d'être simplement appliquées par le gouvernement. Il a également appelé à un changement de la culture de la régulation française, qui engendre la bureaucratie."

    En d'autres termes, la première partie du discours est bien adressée aux banques, aux investisseurs. Et elle se conclut avec force sur la nécessité de travailler main dans la main avec l'Europe. Une Europe forte et unie... Pour ceux qui auraient la mémoire courte. Il rappelle la droite ligne de la Commission « Pour la libération de la croissance française » mise en place par Nicolas Sarkozy (en 2007), présidée par Jacques Attali ancien conseiller de François Mitterrand. À cette époque Emmanuel Macron était rapporteur général adjoint. Puis en 2010, par décret il en est devenu membre. 

    Dans ce rapport de 334 pages, se trouvent 316 mesures... Parmi lesquelles (juste pour rafraîchir la mémoire) :

    Durée du travail : permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail par accord de branche ou accord majoritaire d’entreprise (décision 136) Autoriser plus largement le travail du dimanche (décision 137)

    La Sécurité sociale : supprimer, dans la Constitution, la distinction entre le PFLSS (Loi de financement de la sécurité sociale) et la loi de finance (décision 224).

    Fusionner la part salariale et la part patronale des cotisations sociales (décision 299)

    Supprimer 3 points de cotisations sociales en les finançant par 0,6 point de CSG et 1,2 point du taux normal de TVA (décision 300). "Non seulement il n’y a rien pour augmenter le pouvoir d’achat mais la commission « décide » de le diminuer en augmentant la CSG et en instaurant la TVA sociale" (c'est ce que notait Jean-Jacques Chavigné).

    Je reviendrais sur ces points à un autre moment notamment sur Macron et les belles promesses faites à la Chine.

    Revenons à Eshe Nelson et à son article dans Quartz. Changement de ton pour la partie française du discours de Macron. Il note que "la deuxième partie de son discours, prononcé dans sa langue maternelle, s'est plongé dans des problèmes sociaux troublants. Il a parlé de la folie de l'obsession de la croissance économique, de l'influence excessive des institutions financières sur la mondialisation, du besoin de coopération fiscale internationale, du nationalisme, du terrorisme, des migrations, du changement climatique, de l'intelligence artificielle, du big data, l'éducation tardive des filles, les dommages environnementaux potentiels de l'initiative chinoise «Une ceinture, une route» et le capitalisme".

    Rien à voir donc avec la première partie. À croire que les français se désintéressent de Davos ou bien encore qu'ils ne parlent pas tous anglais. Moi la première je déteste mon accent anglais, mais je lis et j'écoute les discours en langue anglaise (et dans un grand nombre d'autres). Je préfère d'ailleurs la langue de Shakespeare à la bouillie généralisée que tout le monde désigne par "langue anglaise". Depuis les années 1990 il ne s'agit que d'une langue "globish" dont on nous sert dans les films, les discours, les vidéos-montages, des chansons... Bref une tartine d'abrutissements généralisés entraînant une idiosyncrasie...  

    Pour conclure 

    Monsieur Macron, vous ne le savez que trop bien : l'appauvrissement des mots entraînement l'appauvrissement des esprits. Vous, un président "Jupitérien"...

    Première image très intéressante. En effet, pour ceux qui auraient oublié ce que signifie ce mythe : Jupiter en latin Juppiter ou Iuppiter (génitif Jovis), est le dieu romain qui gouverne la terre et le ciel, ainsi que tous les êtres vivants s'y trouvant. Il est aussi le maître des autres dieux et est originellement un dieu du ciel. Il est, par ailleurs, marié à sa soeur Junon. 

    Président, Jupiter s'affirme ainsi en "maître des horloges". Une question se pose, le monopole de la parole n'est-ce pas cela qui s'appelle une dictature ?

    Enfin comme le soulignait déjà Paul Ricoeur (votre maître - selon votre storytelling), dans son ouvrage Histoire et vérité : "Toute philosophie est, d'une certaine façon, la fin de l'histoire".